Association Nationale des Sages-Femmes d'Etat du Sénégal (ANSFES)

Plaidoyer pour l’effectivité de l’Ordre National des Sages-Femmes du Sénégal : un cap décisif pour la santé des femmes

Réunis autour de l’Association Nationale des Sages-Femmes et Maïeuticiens du Sénégal (ANSFES), professionnels de santé, autorités et partenaires techniques ont tenu une journée de plaidoyer décisive en faveur de l’effectivité de l’Ordre National des Sages-Femmes. Objectif : faire reconnaître pleinement une profession au cœur de la santé sexuelle et reproductive, et accélérer l’amélioration des soins offerts aux femmes, aux mères et aux nouveau-nés.

Une journée de plaidoyer pour une attente historique

Dans son discours d’ouverture, la Présidente de l’ANSFES a rappelé la portée particulière de cette rencontre : « Cette journée n’est pas une rencontre de plus, c’est un rendez-vous avec l’histoire de notre profession. » Il s’agissait, selon elle, de concrétiser une attente de longue date : la mise en place d’une structure ordinale indispensable pour garantir l’excellence, l’éthique et la reconnaissance de la pratique sage-femme.

Cette mobilisation s’inscrit dans une vision claire : celle d’un Sénégal où chaque femme, chaque mère, chaque nouveau-né et chaque adolescente bénéficie de soins de qualité, dans la dignité et la sécurité.

La sage-femme, pilier des soins de santé sexuelle et reproductive

Au-delà de l’accouchement, le rôle de la sage-femme couvre l’ensemble du cycle de vie de la femme : adolescence, maternité, post-partum, santé néonatale, consultations prénatales (CPN), surveillance du travail, accouchement physiologique et planification familiale, dans le respect des choix de chacune. La sage-femme est également, comme l’a souligné la Présidente, une sentinelle contre les violences basées sur le genre.

Un modèle de soins centré sur la femme

L’atelier a particulièrement mis en avant le modèle de soins assurés par les sages-femmes, fondé sur les compétences essentielles de la Confédération Internationale des Sages-Femmes (ICM) et reconnu pour son efficacité. Ce modèle :

  • place la femme au centre, comme partenaire active et informée de ses soins ;
  • privilégie la relation, la continuité des soins et le respect des rythmes naturels ;
  • fait de l’accouchement normal un événement positif et sûr, sans le médicaliser systématiquement ;
  • réduit les interventions inutiles et coûteuses, tout en libérant les médecins pour les cas à haut risque ;
  • permet d’atteindre les populations les plus vulnérables et les plus éloignées.

Pour les intervenants, ce modèle constitue une clé pour atteindre la Couverture Sanitaire Universelle (CSU) : efficace, efficient et équitable, il représente un investissement direct dans la santé des familles et la productivité du pays.

Pourquoi rendre l’Ordre National effectif ?

Au cœur du plaidoyer : la mise en place opérationnelle de l’Ordre National des Sages-Femmes et Maïeuticiens. Loin d’être une fin en soi, l’Ordre est présenté comme un levier indispensable de qualité et de protection. Concrètement, il doit permettre de :

  • garantir la qualité des soins par la régulation de la profession, la mise à jour des compétences et le respect du code de déontologie ;
  • défendre l’autonomie professionnelle et le champ d’exercice des sages-femmes, conformément aux lois nationales et aux normes internationales ;
  • unifier la voix des professionnelles auprès des décideurs ;
  • protéger les femmes en s’assurant qu’elles soient prises en charge par des professionnels qualifiés, reconnus et régulés ;
  • contribuer à l’élaboration des politiques de santé en tant qu’experts incontournables en santé sexuelle et reproductive.

Un enjeu de santé publique et de droits

Si le Sénégal a accompli des progrès considérables, des défis persistent : trop de femmes continuent de mourir en donnant la vie et trop de femmes restent privées d’un accès à des soins maternels et néonataux de qualité.

Dans ce contexte, l’effectivité de l’Ordre apparaît comme une réponse stratégique pour assurer la qualité, l’accessibilité et la continuité des soins, sans discrimination. Comme l’a martelé la Présidente de l’ANSFES : « Il n’est pas possible d’avoir la CSU sans les sages-femmes. »

Un appel au partenariat, pas à la confrontation

L’ANSFES a tenu à inscrire ce plaidoyer dans une logique de dialogue et de coopération. Mettre en place l’Ordre, c’est honorer les engagements pris par le Sénégal, renforcer l’État en partageant la responsabilité de la régulation, et bâtir un système de santé « plus résilient, plus humain et plus juste ».

L’Association a réaffirmé sa pleine disponibilité à travailler avec l’État, les parlementaires, les partenaires techniques et financiers, ainsi que toutes les parties prenantes, pour rendre l’Ordre opérationnel et durable. Le message est sans ambiguïté : « Le moment d’agir, c’est maintenant, car la santé des femmes ne peut pas attendre. »

L’engagement renouvelé de l’UNFPA

Prenant la parole au nom de l’UNFPA, son représentant a salué la contribution des sages-femmes aux progrès enregistrés en matière de santé maternelle, néonatale et infantile au Sénégal. Il a réaffirmé que le renforcement de la pratique sage-femme constitue un investissement essentiel pour assurer la meilleure santé possible aux mères et aux enfants.

Conformément à son mandat, l’UNFPA a annoncé qu’il continuerait à soutenir la pratique sage-femme au Sénégal, dans la perspective de l’atteinte des Objectifs de Développement Durable.

Des résultats concrets attendus

Au-delà des constats, l’atelier vise des livrables précis :

  • obtenir un engagement politique de haut niveau pour la mise en place effective de l’Ordre des Sages-Femmes ;
  • élaborer un plan d’accélération de la fonctionnalité de l’Ordre ;
  • formuler des propositions concrètes pour intégrer les nouvelles compétences essentielles de l’ICM et le modèle de soins assurés par les sages-femmes dans les programmes de formation.

Une mobilisation à transformer en actions

La journée s’est conclue sur un appel clair : que les conclusions de cette rencontre soient suivies d’effets concrets. Pour l’ANSFES comme pour ses partenaires, la mise en place effective de l’Ordre National des Sages-Femmes et Maïeuticiens du Sénégal n’est plus une option : c’est une exigence de qualité, de responsabilité et de justice envers les femmes sénégalaises.

Et c’est, in fine, l’un des chemins les plus sûrs pour bâtir un système de santé à la hauteur des ambitions du pays.

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